"Un combat acharné :

"Voyant qu'il ne pouvait le vaincre..." (v.26a) : Ne soupçonnons pas une quelconque faiblesse au sein de l'armée céleste qui possédait la toute-puissance pour foudroyer Jacob à l'instant. Rappelons-nous l'épisode du jardin : devant la cohorte qui venait pour L'arrêter, Jésus prononcera un seul mot et tous tombèrent à terre (Jean 18:3-6). Nous l'avons écrit plus haut, ce n'est pas un ennemi qui s'opposait à Jacob mais le Dieu d'amour qui le rencontrait pour lui faire du bien (cf. Deut. 8:16). "Il ne pouvait le vaincre", parce que Jacob s'y refusait absolument, quel dommage !
Réfléchissons bien, nous ressemblons à maints égards à Jacob. Une grande différence, cependant, nous distingue de lui. Malgré l'aspect rassurant du combat conduit en faveur de Jacob, celui-ci a dû néanmoins le soutenir ; quant à nous, Quelqu'un a pris notre place, et nous sommes invités à considérer quelle opposition impitoyable Il a enduré pour nous, de la part de ses cruels adversaires (Heb. 12:3). Mais Il a triomphé d'eux, et notre nature pécheresse, identique à celle de Jacob, a été clouée à la croix (Col. 2:13-15) et "nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire, par la route nouvelle et vivante qu'Il a inaugurée pour nous au travers du voile, c'est-à-dire de la sa chair" (Heb. 10:19-20). Il nous suffit donc d‘entrer dans ce salut et de nous livrer entièrement, par reconnaissance, à Celui "qui nous a aimés et qui s'est livré Lui-Même pour nous" (Gal. 2:20).
Récapitulons : Si, durant la lutte, l'œuvre du Seigneur se faisait dans le cœur de Jacob qui s'écrira : "J'ai vu Dieu face à face et mon âme a été sauvée" (Gen. 32:31), pour nous, comme nous l'avons souligné, la victoire a été remportée par Celui qui a subi ce que nous aurions dû subir et qui, par son succès total et définitif, nous a comblés. Mais tout cela deviendra réalité pour chacun de nous dans la mesure où, comme Jacob, nous accepterons de nous dépouiller du vieil homme et de ses œuvres et de revêtir la nature nouvelle qui doit tendre à l'image de son Créateur (Col. 3:9-10). C'est une question de volonté, faire abdiquer la nôtre devant la sienne (cf. Jean 3:30), pour Lui permettre de faire son travail en nous.

L'issue du combat :

  • "Tu as lutté avec Dieu et avec des hommes et tu as été vainqueur" (Gen. 32:29b ; Os. 12:5a). Comme ce fut le cas de Samson, Jacob avait-il reçu une force surhumaine, ce qui lui permettait de dominer... Dieu ? Non, bien sûr ! Comme nous l'avons mentionné précédemment, les deux textes, rappelés ci-dessus, précisent qu'Il "lutta avec Dieu" et non contre Lui. Le combat engagé n'avait pas pour mobile de désigner un vainqueur et un vaincu mais d'amener Jacob à triompher... de lui-même et à s'abandonner entièrement à don doux "opposant".
    Et si notre plus grand ennemi était... nous-même ? L'emporter sur nous-mêmes, nous débarrasser de ce qui porte atteinte à nos progrès spirituels, sont autant d'aspirations légitimes qui doivent animer tout cœur de chrétien authentique et être suivis d'effets positifs, avec l'aide de notre Bien-Aimé. S'il n'en est pas ainsi, si nous conservons quelque mauvais traits de caractère et regimbons contre toute répréhension fraternelle, prenons garde d'inverser les rôles, en nous engageant dans un joute aux côtés de Satan contre le Très-Haut et en privilégiant l'animosité, la rancune.
  • "J'ai vu Dieu face à face et mon âme a été sauvée" (Gen. 32:31). Cette rencontre provoque un véritable bouleversement bénéfique chez Jacob : finies ses fuites devant son frère qu'il trompait (Gen. 27-28) et devant Laban qu'il escroquait (Gen. 30:25 à 31:21), c'est maintenant l'Eternel qui le dirige, et qui lui parle (Gen. 35:1), qui lui apparaît de nouveau (Gen. 35:9-13) et qui le conduira avec tout le peuple en Egypte (Gen. 46:1-7), après y avoir envoyé Joseph en précurseur, selon le plan qu'Il avait préconçu.
    Sous la nouvelle alliance, nous avons plus que Jacob : Jésus est descendu ici-bas pour nous révéler le Père et pour se montrer au monde (Jean 14:9). Il nous a apporté ce merveilleux salut, sur la base duquel il nous est recommandé de nous élancer dans la course, en rejetant tout péché et en gardant constamment les yeux fixés sur le Chef (Heb. 12:1-2). Mais si nous laissons errer nos regards à droite et à gauche, le diable se chargera de les orienter à sa guise, pour notre malheur ; souvenons-nous des conséquences tragiques de la désobéissance d'Eve (Gen. 3:6) et ce qui nous guette dans ce même domaine (1 Jean 2:15-17).