A) Introduction :

B) La trilogie :

I : Formation :

1. Appel :

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2. Rachat :

a) Abraham (Es. 29:22) : Abraham, en tant que pécheur, avait besoin d'être racheté. Sous la loi, cela s'opérait par le sacrifice d'animaux (Ex. 13:13 ; 34:20) et en sicles d'argent (Nomb. 18:15-16). Etre racheté, c'était être libéré, ce qui explique que, dans nos bibles, le verbe hébreu est traduit par "libérer" à plusieurs endroits.
La rédemption dans l'ancien testament prévoyait déjà celle qui est offerte à tout être humain dans la nouvelle alliance. Ps. 130:7 : "Israël, attends-toi à l'Eternel ! Car la bienveillance est auprès de l'Eternel et le rachat abonde auprès de Lui". Et auprès de Lui, se trouve Jésus, "Lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption" (1 Cor. 1:30). Pierre aussi, dans sa première épître, (1:18-20), rappelle les sacrifices juifs, au cours desquels l'agneau était immolé, pour démontrer que, pour nous, c'est Christ qui a été l'Agneau crucifié (1 Tim. 2:6), et c'est son propre sang qu'Il a versé pour chacun de nous, et cela était "prédestiné avant la fondation du monde" (1 Pie. 1:20). Le texte précise encore que ce n'est pas "par de l'argent ou de l'or que vous avez été rachetés..." (v. l8) mais le Sauveur a payé de sa vie pour nous (1 Cor. 6:20). Si les Israélites devaient se souvenir que Jéhovah les avaient libérés de leur esclavage en Egypte (Deut. 15:15), à combien plus forte raison avons-nous besoin de garder en mémoire que, par le sacrifice du Messie, nous avons été délivrés de l'emprise du monde, derrière lequel se cache Satan. "Vous avez été rachetés à un grand prix, ne devenez pas esclaves des hommes" (1 Cor. 7:23).

b) Jacob (Es. 44:23) : Comme pour Abraham, Jacob avait besoin également d'une profonde métamorphose dans sa nature pécheresse, et c'est ce qui se produira dans Gen. 32:25-33. Ce qui a été écrit concernant Abraham s'applique pareillement à Jacob et, comme nous l'avons vu, à chacun de nous ; il est donc inutile que nous y revenions. Toutefois, l'expérience de Jacob, signalée ci-dessus, est la preuve d'un authentique salut. L'avons-nous tous fait ?

c) "Je témoignerai de la fidélité à Jacob, de la bienveillance à Abraham" (Mic. 7:20). A ceux et à celles qu'Il rachète, l'Eternel témoigne aussi sa tendresse, et nous profitons en sa Présence du fruit de l'Esprit, ici foi et bienveillance, et, comme Lui, nous le répandons autour de nous.

3. Noms :

a) Dieu : Avant de nous préoccuper des patriarches, analysons la "carte d'identité" de leur Maître.
  • Un premier verset nous interpelle : "Je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob, comme le Dieu tout-puissant mais Je n'ai pas été reconnu par eux sous mon Nom, l'Eternel" (Ex. 6:3), Celui qui n'a ni commencement, ni fin. Par la suite, ils ont appris à Le connaitre et ils ont fait avec Lui de merveilleuses expériences.
    Mais qu'en est-il de nous ? Après des années de conversion, où en sommes-nous ? Os. 6:3 nous recommande : "Connaissons, cherchons à connaître l'Eternel". N'ayons pas de Lui une vue atrophiée qui consisterait surtout à Le considérer comme le Tout-Puissant qui répond à nos requêtes et à ne pas Le contempler dans tous ses autres aspects qui nous Le dévoilent tel qu'il est, comme ce fut le cas pour Moïse (Ex. 34:5-7).
    Paul l'avait bien compris, lui qui a renoncé à ses gains "à cause de l'excellence de la connaissance de Jésus-Christ, mon Seigneur, pour Lequel j'ai renoncé à tout" (Phil. 3:8). Mais ce n'est pas seulement pour lui un admirable programme, il s'y engage : "afin de connaître Christ et la puissance de sa résurrection..." (v. 10-11). Ce qui apparaît dans ce paragraphe, c'est qu'il recherche la révélation de son Bien-Aimé, non pas dans ce qu'Il fait mais dans ce qu'Il est.
    2 Pie. 1:3-8 tient le même langage et nous invite à cultiver le fruit de l'Esprit. "Car si ces choses sont en vous et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront pas oisifs, ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ" (v 8). L'argument de Pierre complète celui de Paul : dans la mesure où nous soignons notre être intérieur, Jésus peut y habiter et se déclarer à nous, tout en nous montrant le Père (Luc 10:22 ; Jean 14:8-9).
    Nous sommes donc exhortés à croître "dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ" (2 Pie. 3:18), en attendant le jour où, dans la gloire, "je connaîtrai comme j'ai été connu". (1 Cor. 13:12).
  • Puis Dieu rencontre Moïse qui Lui demande son identité, et voici comment Il se décrit : "Je suis Celui qui suis" et "Je suis" (Ex. 3:13-15).
    Cette déclaration est un riche enseignement pour nous. Celui que nous invoquons vit dans un éternel présent, et tous nos problèmes que nous partageons avec Lui, quels qu'ils soient, Il les traite au présent, soyons-en persuadés, même si l'exaucement semble tarder, et ne nous laissons pas troubler. Si nous sommes prisonniers du temps, Lui ne l'est pas et il agit quand Il veut.
    Et Jésus a repris à son compte cet axiome : "Avant qu'Abraham fût, Je suis" (Jean 8:58). Aux disciples effrayés, Il lancera : "Rassurez-vous, c'est Moi" (litt. "Je suis") Matt. 14:27.
    Que ce soit donc dans l'ancien ou dans le nouveau testament, nous trouvons le même "Je suis", toujours à nos côtés et prêt à intervenir dans toutes les circonstances que nous côtoyons.
  • De plus, en se référant aux patriarches, le Très-Haut s'affirme : "C'est Moi le Dieu de ton père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob" (Ex. 3:6a), ajoutons encore : "Je suis le Dieu d'Abraham, ton père, sois sans crainte car Je suis avec toi" (Gen. 26:24a). Cette mise en avant du "Moi" pourrait paraître prétentieuse mais il n'en est absolument rien, c'est au contraire comme Protecteur qu'Il se présente devant ces hommes, et par-delà eux, c'est tout le peuple qui est concerné, et nous aussi. Souvenons-nous-en, quand nous en aurons besoin et fortifions-nous dans cette pensée.
    D'ailleurs le Christ a rappelé à ses auditeurs ici-bas ces mêmes paroles : "Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. Dieu n'est pas le Dieu des morts mais des vivants" (Matt. 22:32 ; Marc 12:26 ; Luc 20:37-38), tout en précisant, dans la dernière phrase, qu'Il est le "Dieu... des vivants". Ceci nous conforte dans notre position devant Lui car Il est "toujours vivant pour intercéder en notre faveur" (Heb. 7:25).
    En conclusion de ce premier chapitre, retenons deux textes : Gen. 32:10-12 : Jacob invoque : "Dieu de mon père Abraham, Dieu de mon père Isaac...", et 2 Sam. 23:1 : David se recommande "du Dieu de Jacob". Ces patriarches avaient acquis de la célébrité mais nous, c'est au Nom de Jésus que nous avons accès auprès de notre souverain (Jean 16 : 23).
b) Abraham : "On ne t'appellera plus du nom d'Abram mais ton nom sera Abraham car Je te rends père d'une foule de nations" (Gen. 17:5 ; Néh. 9:7). Outre le changement de nom, nous remarquons également que l'Eternel promettait à Abraham "une foule de nations", ce qui signifie que toutes les nations étaient comprises dans ce serment.
A ce propos, deux détails sont à relever. Jéhovah n'a pas choisi le patronyme "Abraham" au hasard, il signifie "père d'une foule", mais Il avait déjà en vue tous les hommes et toutes les femmes de tous les temps. Le second trait intéressant, c'est le changement de lettres. Si deux sont nécessaires en français pour passer d'Abram à Abraham, une seule, le "H(é)", suffit en hébreu. Comme chaque lettre hébraïque a une valeur numérique, ce caractère, dans l'alphabet juif, vaut 5 qui est le chiffre de la grâce dans l'écriture. Cela indique donc qu'Abraham, homme de l'ancienne alliance (Gen. 17:2,7), annonçait déjà, sans le savoir, la nouvelle, révélatrice de la venue du Messie et du salut par grâce (Héb. 10:11-18 ; Jean 1:17).
Un nom nouveau nous attend aussi mais à condition que nous ayons fait, chacun pour sa part, une rencontre personnelle avec Christ, sur la base d'une réelle repentance et que nous soyons devenus de nouvelles créatures (2 Cor. 5:17). Et quel changement merveilleux cela a produit en nous !
Abram a été peu usité, alors qu'Abraham l'est encore aujourd'hui. Simple réflexion mais qui peut faire réfléchir : les choses anciennes ont-elles été entièrement éradiquées et notre nature régénérée a-t-elle pris vraiment le dessus en nous, au point que nos semblables le remarquent ?

c) Isaac : En annonçant à Abraham la future naissance, le Seigneur lui a communiqué également le nom "Isaac" (Gen. 17:19). Eu égard au contexte biblique, il n'est pas élogieux, il veut dire "rire", parce que cette venue au monde tout à fait exceptionnelle a provoqué le rire d'Abraham, de Sara et d'Ismaël, pour des raisons différentes (Gen. 17:17 ; 18:12 ; 21:9).
Depuis que notre Sauveur a fait sa demeure en nous, nous avons hérité d'un beau nom, celui de chrétien (1 Pie. 4:16) qui contient celui de Christ (Christanos et Christos en grec). Mais ne nous étonnons pas si, à cause de ce titre, nous sommes l'objet d'outrages, de moqueries (Jacq. 2:7). Et Pierre, dans le verset déjà cité, nous exhorte à ne pas avoir honte de porter ce vocable, pour l'honneur de notre Maître.

d) Jacob : Pour lui, ce fut une modification radicale. Jacob, le supplanteur, l'usurpateur, est devenu Israël ("il lutte avec Dieu") (Gen. 32:29 ; 35:10 ; 2 Rois 17:34 ; cf. Os. 12:4-5). Il y eut effectivement comme une métamorphose dans sa vie, à partir de cette rencontre (Gen. 32 : 24-32).
Arrêtons-nous quelques instants à l'église de Pergame (Ap. 2:12-17). Un nom nouveau et personnel attend tout vainqueur (v. 17), et les combats à mener y étaient rudes (v. 13-16) mais la victoire était possible, puisque "Celui qui a l'épée aiguë à deux tranchants" (v. 12) promet la récompense. C'est donc un encouragement pour chacun de nous, malgré le contexte dans lequel nous nous trouvons, et une détermination à poursuivre la lutte, assurés de la présence à nos côtés de Celui qui tient l'épée du triomphe.
Et pour ces vainqueurs qui seront restés fidèles jusqu'au bout, la félicité éternelle où tout sera nouveau (Ap. 3:12) les attend. Alors, n'hésitons pas, élevons le beau nom que nous portons et, très bientôt, nous aurons un nom nouveau là-haut.