Jéhovah a-t-il trompé Abraham ? Pas du tout, la famille s'agrandit petit à petit, même si le patriarche n'est plus là pour le constater. Jacob descend en Egypte et la tribu s'élève à soixante-quinze personnes (Act. 7 : 14-15).
S'il est louable de rêver de salles remplies de pécheurs repentants, sachons également nous émerveiller pour la progression modeste mais régulière des nouvelles personnes dans notre église locale : "et le Seigneur ajoutait chaque jour à l'Eglise ceux qui étaient sauvés" (Actes 2:47).
Ne nous désolons donc pas, si les sommets que nous espérions n'ont pas été encore atteints, comme Elie qui s'écriait : Seigneur, ils ont tué les prophètes, ils ont renversé tes autels ; je suis resté moi seul, et ils cherchent à m’ôter la vie" mais qui ignorait les "sept mille hommes qui n'ont point fléchi le genou devant Baal" (Rom. 11:3-4). Ce que nous ne voyons pas présentement, ayons foi dans sa réalisation et œuvrons dans ce sens, sans relâche.
"L'Eglise était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie, s'édifiant et marchant dans la crainte du Seigneur, et elle s'accroissait par l'assistance du Saint-Esprit" (Act. 9:31). Que ce soit notre profonde conviction!
C'est en Egypte que la nation d'Israël va "exploser", selon la recommandation de l'Eternel à Jacob (Gen. 46:2-4), en soulignant cependant qu'ils y séjournaient en tant qu'immigrants (Gen. 15:13-14).
Nous sommes également "étrangers et voyageurs sur la terre" (Héb. 11:13; 1 Pie. 2:11), et c'est dans la volonté de notre Bien-Aimé. Nous ne nous attachons donc pas au monde, ni aux choses qui sont dans le monde (1 Jean 2 : 15) mais aux âmes qui périssent loin du Sauveur, et nous les conjurons : "Sauvez-vous de cette génération perverse" (Act. 2:40). C'est donc ici-bas qu'il nous faut travailler et faire nôtre le message adressé par le Seigneur à Paul : "Ne crains point mais parle et ne te tais point... parle car J'ai un peuple nombreux dans cette ville" (Act. 18 : 9-10).
La parabole des noces (Luc 14:15-24) nous offre un magnifique programme dans cette optique. Le principe, c'est "afin que ma maison soit remplie". C'est notre leitmotiv et, comme le serviteur de ce récit, nous faisons tous nos efforts pour introduire dans Sa Maison ceux et celles que nous rencontrons, afin qu'Il soit comblé.
Puis, Israël est ressorti d'Egypte, conformément a ce qui lui avait été prédit (Gen. 15:14), "au nombre d'environ 6OO OOO hommes de pied, sans les enfants" (Ex. 12:37), pour s'emparer du pays promis.
Dans le dernier verset cité, le mot hébreu, traduit par "hommes de pied", fait allusion à des hommes en état de porter les armes, ce qui nous rappelle que, pour gagner des âmes au Sauveur et œuvrer pour le développement de l'Eglise, il nous faut lutter : supplication intense dans la prière, combat intérieur, tout en témoignant ou en soutenant le prédicateur. Paul s'adressera aux Galates en ces termes : "Mes enfants, pour qui j'éprouve de nouveau les douleurs de l'enfantement, jusqu'à ce que Christ soit formé en vous" (Gal. 4:19). Dans un autre passage, il reprendra à peu près la même pensée : "car une porte grande et d'un accès efficace m'est ouverte, et les adversaires sont nombreux" (1 Cor. 16:9). Effectivement, le diable ne veut pas lâcher ceux et celles qu'il a soumis à sa volonté (2 Tim. 2:25-26), aussi devons-nous les lui disputer dans une guerre sans merci.
Nous terminerons avec l'époque de Salomon qui s'écriera dans son humble prière : "Ton serviteur est au milieu de ton peuple, celui que tu as choisi, peuple nombreux qui ne peut être, ni évalué, ni compté, à cause de son grand nombre" (1 Rois 3:6).
Ce qui nous attend là-haut sera encore plus glorieux car ce ne sera plus l'estimation d'une nation mais le rassemblement de tous les élus : "Une grande foule que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue", et nous nous tiendrons "devant le trône et devant 1‘Agneau" (Ap. 7:9).