2. Les oeuvres de la loi sont inefficaces pour la justification par la foi.
Paul est catégorique : "Car nul ne sera justifié devant Lui par les oeuvres de la loi, puisque c'est par la loi que vient la connaissance du péché" (Rom. 3:20), et cela est répété en Gal. 2:16. Et pour nous, les non Juifs, le principe reste le même : les bonnes oeuvres, celles qui sont valables et qui plaisent à Dieu, suivent le salut (Ep. 2:8-l0). D'ailleurs, notre référence initiale ne fait qu'approuver ce qui vient d'être écrit. Puisque c'est par la loi que vient la connaissance du péché, il est donc évident que les oeuvres qui sont produites le sont dans le péché et donc inutiles pour le Seigneur. A ceux qui Lui demandaient ce qu'ils devaient faire, pour faire les oeuvres de Dieu, le Christ répondra : "L'oeuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en Celui qu'Il a envoyé" (Jean 6:28-29). Et Rom. 3:2l-22 abonde dans ce sens : "sans la loi", elle est inefficace dans ce domaine mais non vaine, elle rend témoignage à ce grand principe que nous avons déjà souligné dans le chapitre précédent, "la justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ, pour tous ceux qui croient, il n'y a pas de distinction". Gal. 2:16 réitère cette assertion fondamentale, tellement elle est importante. Mais pour qu'il n'y ait absolument aucune incompréhension, l'apôtre a tenu à faire savoir à nouveau "que l'homme est justifié par la foi, sans les oeuvres de la loi.., puisqu'il y a un seul Dieu qui justifiera par la foi les circoncis et par la foi les incirconcis" (Rom. 3:28-30).
Retenons donc, en le complétant, ce que nous avons déjà affirmé : pratiquons les oeuvres que le Très-Haut a préparées pour nous (Ep. 2:10), comme confirmation de notre salut, et non pour le gagner, car ce sont les siennes et non les nôtres ; appliquons-nous à ces tâches, non pour notre propre gloire, mais pour la sienne, en toute humilité. (Luc 17:10).
Relevons aussi ceci : la loi des oeuvres opposée à la prédication de la foi (Gal. 3:2-5). Tout en ayant fait l'expérience de la nouvelle naissance ("après avoir commencé par l'Esprit"), ces gens couraient le grave danger de finir par la chair (v.3), tant ils restaient attachés à la loi des oeuvres, et, par voie de conséquence, ils risquaient de manquer l'essentiel : la prédication, la foi, les oeuvres... C'est également à eux que Paul reprochera ce constat : "Vous couriez bien, qui vous a arrêtés, pour vous empêcher d'obéir à la vérité (Gal. 5:7) ? Après une merveilleuse et authentique conversion, il semble qu'ils se soient relâchés et soient retournés à leurs anciennes coutumes légalistes.
Si nous n'entretenons pas la flamme du premier amour (cf. Ap. 2:4-5), le même piège nous guette, et, pour ne pas avoir cherché à grandir spirituellement de manière régulière, nous nous habituerons à notre "religion", dépourvue de toute vie, et nous ressemblerons à ces Galates.
L'apôtre posera encore le problème d'une autre façon, en se référant à la loi de l'héritage (Rom. 4:13-16), son objectif étant, à partir des divers aspects de la loi mosaïque, de tout ramener à cet élément de base, la justice de la foi en Jésus-Christ (v. 13 ; Gal. 5:22). Et pour bien convaincre ses lecteurs, il ira jusqu'à raisonner par l'absurde, afin de leur prouver que s'il fallait admettre que les héritiers le sont par la loi, la foi serait alors vaine et la promesse anéantie (Rom. 4:14 ; Gal. 3:18), ce qui n'est pas admissible, puisque celles-ci existaient bien avant la loi, Abraham en étant une illustration (Heb. 11:8-10). Cependant, Paul ne fait pas pour autant le procès de la loi, précisant en Gal. 3:21 : "La loi est-elle donc contre les promesses de Dieu ? Loin de là !"