En considérant ce second grand paragraphe et tous les passages bibliques cités, nous pourrions penser que nous avons à faire à un personnage particulièrement cruel, infligeant à Israël des supplices presque inhumains... Imaginer ou prononcer un tel blâme envers Lui dénoterait de notre part une déplorable méconnaissance de ses authentiques sentiments. S'il est vrai que les Hébreux se sont maintes fois égarés volontairement et que Jehova a été obligé de les corriger rigoureusement, ne croyons pas pour autant qu'il y avait chez Lui une certaine satisfaction à le faire, absolument pas! Bien au contraire, des sentiments paternels L'habitaient et L'habitent toujours à leur égard. Quand Il devait sévir, c'est avec beaucoup de peine qu'Il s'y résignait (cf. Jésus pleurant sur J2rusalem : Luc 19:41:44). Et nous allons le démontrer de deux manières.
Jér. 44:2-14 en est un bel exemple. Avant de les frapper pour ce qu'ils méritaient, le Tout-Puissant a pris soin de les avertir en leur déléguant ses prophètes dès le matin (v.4), pour qu'ils aient le temps de réformer leurs voies. Mais dès le v.5, ils opposent leur cou raide et ne tiennent aucun compte des conseils des voyants. Au v.7, le Très-Haut met en lumière une vérité importante avec cette interrogation qui leur est adressé : "Pourquoi vous faites-vous à vous-même un si grand mal, en faisant retrancher du milieu de Juda hommes, femmes...?" Il est donc clair qu'avant son intervention, le peuple payait déjà les conséquences du mal qu'il se faisait à lui-même.
Prêtons une attention soutenue aux monitions de notre Bien-Aimé, pour que nous ne nous laissions pas éblouir par tout ce que nous propose le monde. Si nous abondons dans ce qui nous séduit, cela finira par se retourner contre nous et nous subirons les affres, et c'est ce que veut nous éviter notre tendre Père.
Jehovah avertissait, la nation n'y prenait pas garde, son action s'arrêtait-elle là? Non! Il les aimait trop, pour ne pas tenter encore une expérience.
2 Rois 17:13; 2 Chron. 24:19 : A des Israélites coupables, l'Eternel offre une dernière chance et les invite à revenir à Lui mail Il se heurte à leur mépris (2 Rois 17:14-17), et ils s'enfouissent toujours plus dans le mal. Le châtiment qui en résulte (v. 18-20) n'est que le résultat de ce qu'ils se sont forgés eux-mêmes.
Voilà où peut conduire l'endurcissement de ceux qui ne veulent plus entendre la voix douce du Seigneur qui essaie de les ramener à Lui, avant que ne tombe sur eux l'irrémédiable calamité, dans laquelle ils se sont jetés eux-mêmes.
Un autre passage qui souligne l'attitude admirable du Souverain envers les Israélites rebelles se situe dans Jug. 2:18-19. Que lisons-nous? v.18 : "Lorsque l'Eternel leur suscitait des juges, l'Eternel était avec le juge et les délivraient de la main de leurs ennemis pendant tout le temps du juge; car l'Eternel avait pitié de leur gémissements devant ceux qui les opprimaient et les tourmentaient". Nous avons là une preuve irréfutable de la bonté de Jehovah pour les siens, bien qu'ils fussent les responsables de ce qui leur arrivait. Mais qu'en faisaient-ils? v.19 : "Mais à la mort du juge, ils se corrompaient de nouveau plus que leurs pères, en se ralliant à d'autres dieux pour leur rendre un culte et se prosterner devant eux, et ils n'abandonnaient rien de leurs agissements et de l'endurcissement de leur conduite". Voilà, dévoilé, l'état de leur coeur : ils voulaient jouir impunément du péché et ne se souvenaient de leur Créateur, uniquement lorsque leurs passions infâmes les rattrapaient.
Les gens de notre époque se comportent-ils différemment? Aucunement! Combien viennent chercher une bénédiction, une guérison..., et repartent satisfaits ou soulagés, parce que le Sauveur a eu compassion d'eux mais eux n'ont témoigné aucune reconnaissance à leur généreux Donateur.
Un dernier exemple que nous rencontrons dans Jug. 10:10-16. Cette fois, ils avouent leur péché et en manifestant les preuves (v.10, 15-16). Tout d'abord, l'Eternel leur rappelle ce qu'Il a fait pour eux et combien ils en ont bénéficié, sans le moindre égard pour Lui (v. 11-13); aussi, se montre-t-Il menaçant, tout en les poussant à persévérer dans leur dévoiement (v.14). Mais devant leur repentir sincère, Il se révèle tel qu'Il est et sera toujours : ... et servirent l'Eternel qui fut touché des maux d'Israël (v.16).
Oui, notre Dieu ne se lasse pas de pardonner (Es 55:7) mais est-ce une raison pour en abuser et laisser ensuite libre cours à nos passions répréhensibles?