En conclusion de ce deuxième point, et pour revenir sur ce que nous avons seulement effleuré plus avant, ajoutons que si, à juste titre, nous aspirons à vivre de grands réveils, des multitudes de personnes repentantes et sauvées, n'oublions pas cependant le malheureux blessé qui, sur le chemin, appelle a l'aide, comme Bartimée (Marc 1O:45), car, pour le Seigneur, il a autant de valeur que tous les autres et, quand il se convertit, c'est une explosion de joie dans le ciel pour lui (Luc 15:7, 10).

C'est Jésus qui nous a laissé ces versets, et c'est Lui qui se faisait un devoir de les mettre en pratique, quand Il parcourait les routes d'Israël. Face aux foules, Il était ému de compassion (Matt. 9:36), Il les guérissait tous (Matt. 12:15b) et Il répondait à tous leurs besoins (Matt. 14:15-21). Mais Il ne se laissait pas griser par ceux et celles qui L'acclamaient (Matt. 21:8-9), Il savait s'arrêter pour un pécheur et prendre le temps de s'entretenir avec lui et de combler ses attentes, tel Zachée (Luc 19:1-10).

Travaillons donc avec ardeur pour en gagner le plus possible mais si, comme ce fut le cas pour Philippe (Act. 8:26-4O), nous sommes déroutés par notre Maître vers une seule âme, nous obéirons joyeusement et nous déploierons le même zèle pour elle que pour tout autre rassemblement plus important, et nous nous efforcerons de l'amener à Christ.

Après avoir considéré un nom (Gen. 35:10) et une nation (v.11), arrêtons-nous à présent sur un pays (v. 12).

Abraham, le premier, a eu la révélation de cette promesse de l'Eternel : "Va-t'en de ton pays, de ta patrie et de la maison de ton père vers le pays que Je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation et Je te bénirai ; Je rendrai ton nom grand" (Gen. 12:1-2). Les trois termes de notre étude actuelle étaient déjà inclus dans cette affirmation : "pays, nation, nom". Puis, Isaac en a hérité (Gen. 26:3-4) et Jacob ensuite (Gen. 35:10-12).

La seconde révélation adressée à Abraham (Gen. 15:11-17), vient compléter la première (Gen. 12:1-3) et apporte quelques précisions. Deux points sont à retenir : "Lève donc les yeux et, de l'endroit où tu es, regarde vers le nord et le midi, vers l'est et l'ouest" (v. 14) et "Lève-toi, parcours le pays en long et en large car Je te le donnerai" (v. 17). Abraham devait donc considérer attentivement le pays, le marquer de son empreinte et en prendre possession par la foi. Plus tard, Jéhovah invitera Israël à y pénétrer pour l'acquérir, par ces mots : "Tout lieu que foulera la plante de votre pied sera à vous" (Deut. 11:24a).

Si nous poursuivons le cheminement d'Abraham dans Héb. 11:9, nous relevons que "c'est par la foi qu'il vint s'établir dans la terre promise comme dans une terre étrangère, habitant sous des tentes, ainsi qu'Isaac et Jacob, les cohéritiers de la même promesse", et le v. 13 ajoute : "C'est dans la foi qu'ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre". Nous retiendrons qu'Abraham, Isaac et Jacob ont été à l'origine de la nation d'Israël et que, si même ils ne l'ont pas connue "comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est au bord de la mer" (Gen. 22:17), les Hébreux n'étant que soixante-quinze, lorsqu'ils sont descendus en Egypte avec Jacob, alors âgé de cent trente ans et décédé dix-sept ans plus tard (Act. 7:14; Gen. 47:28), ils ont fait néanmoins un travail remarquable en tant que pionniers.

Comme Abraham et ses descendants, nous sommes "étrangers et voyageurs sur la terre" (1 Pie. 2:11). Nous y séjournons temporairement et, à l'instar d'Abraham, il nous est demandé de lever les yeux, vers notre Père d'abord, puis du lieu où nous sommes, de nous lever et de sortir, pour considérer le pays et ses habitants et pour le parcourir, en vue du salut des âmes, pour "l'édification du Corps de Christ" (Ep. 4:12). "Ne crains pas mais parle et ne te tais point... parle, car J'ai un peuple nombreux dans cette ville" (Act. 18:9-10). Bénéficierons-nous des fruits de notre labeur ? Peut-être, et alors nous nous réjouirons mais si tel n'est pas le cas, ne nous désolons pas et, surtout, n'abandonnons pas car notre rôle, c'est avant tout de planter et d'arroser et de laisser à Dieu le soin de faire croître (1 Cor. 3:6). Et après tout, que savons-nous des conséquences heureuses de notre labeur, de celles que nous ignorons et qui, pourtant, sont le résultat de notre action ? Et nous en aurons l'agréable surprise dans l'éternité.