Autre point intéressant à souligner : Jéhovah réitère à Jacob (Genèse 35:11) ce qu'Il avait déjà promis à Abraham et à Sara (Genèse 17:6-16), ce qui prouve que l'Eternel mettait une pareille confiance dans le petit-fils, comme dans l'ancêtre. Et Jacob, transformé et pourvu d'un nom nouveau, sera à la base de la prolifération du peuple d'Israël. Pour ce qui nous concerne, il est donc clair, d'après ce qui précède que notre Père voudrait, à partir de ce qu'Il a connu chez les devanciers, le retrouver dans leur postérité, en un mot, les avoir à Lui, comme Ephraïm et Manassé (Genèse 48:5), afin de les équiper et d'en faire des gagneurs d'âmes (descendance spirituelle). Et c'est là que le rôle des parents est déterminant.
S'il est tout à fait dans le plan de Dieu, comme nous l'avons déjà noté, que des enfants égaient les foyers chrétiens, qu'ils fassent la joie et la fierté des parents et que ceux-ci, à juste titre, se soucient de leur avenir ici-bas, avec la secrète ambition de les voir réussir, qu'ils n'oublient cependant jamais "que des fils sont un héritage de l'Eternel, le fruit des entrailles est une récompense (Ps.127:3). Ils ne doivent donc pas se satisfaire uniquement de la pensée que leur progéniture est bien installée dans ce monde, mais réaliser avant tout que ce sont des créatures du Seigneur qui les leur a confiées et, qu'en conséquence, il leur appartient de les conduire à Christ, dans une rencontre personnelle qui bouleversera leur cœur et les mènera sur le chemin de l'obéissance dans le service. A ce sujet, l'exemple d'Anne concernant Samuel est très évocateur : "Aussi, moi je veux le prêter à l'Eternel : il sera toute sa vie prêté à l'Eternel" (1 Sam. 1:28.a).
Il est donc très important que les parents mettent un soin particulier à inculquer à leurs garçons et filles la sainte et saine doctrine qu'ils ont eux—mêmes reçue, afin que ceux—là en soient imprégnés et, qu'à leur tour, ils communiquent ce merveilleux message à leurs descendants (Deut. 6:6-9; Ps. 78:5-7). Le souhait de notre Père, c'est de les utiliser en les comblant de toutes les bénédictions spirituelles dont ont bénéficié leurs ascendants.
Prenons comme modèle la croissance démographique d'Israël.
Abraham avait cent ans à la naissance d'Isaac (Gen. 21:5) et Isaac, soixante ans, quand ses deux jumeaux ont vu le jour (Gen. 25:26b); sachant qu'Abraham est mort à cent soixante-quinze ans (Gen. 25:7), nous arrivons à la conclusion que, lors de son décès, Abraham n'avait pour toute postérité que son fils, sa belle-fille et ses deux petits-fils de quinze ans, si nous nous limitons à la lignée de l’alliance (Sara avait quitté la terre des décennies auparavant : Gen. 23:2). C'était bien peu, oserions-nous avancer, comparativement à ce qui lui avait été annoncé.
Nous l'avons relaté plus haut : ce qui devait se multiplier physiquement à partir d'Abraham est aussi ce qui nous incombe sur le plan spirituel (Act. 1:8). Mais nous sommes parfois découragés au vu des faibles résultats. Débarrassons-nous des excuses toutes faites qui ne nous disculpent nullement et concentrons-nous sur des raisons valables.
Plaçons-nous d'abord devant le Seigneur et cherchons conseil près de Lui. Peut-être avons-nous manqué de zèle et de détermination dans cette œuvre ? Ne serait-ce pas le temps de nous ressaisir, sans plus attendre ?
Et puis, comprenons bien que notre tâche consiste à semer, à planter et à arroser mais que c'est Dieu qui fait croître (1 Cor. 3:6-8). Il y a ce que nous faisons et nous ne recueillons pas de fruit ; d'autres sont entrés dans notre travail et ont bénéficié d'une riche moisson (Jean 4:35-38), et nous nous réjouissons ensemble, tout en remarquant que, dans chaque cas, aucun ne perd sa récompense. Notre "lot de consolation", nous le lisons dans 1 Cor. 15:38 : "Ainsi mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, travaillant de mieux en mieux à l'œuvre du Seigneur, sachant que votre travail ne sera pas vain dans le Seigneur".
Loin de nous affliger, que nos modestes commencements soient source de joie et provoquent en nous une sainte émulation (Zac. 4:10).
Notre désir légitime est de gagner des foules à Jésus ou, du moins, de Lui amener un nombre respectable d'âmes qui répondent aussitôt à notre message et qui se livrent à Lui. C'était également le souhait de l'apôtre Paul (1 Cor 9:19). Mais quand nous examinons le texte jusqu'au v.23, nous nous apercevons qu'au v.22, il ne revendique plus la multitude, quoiqu'il y croie toujours, mais il concentre ses efforts sur le salut des quelques-uns.